Mes propos reproduits in extenso ci-dessous s’adressaient au Maire.
Conseil municipal du 17 décembre 2007
Présentation du budget primitif 2008
Intervention d’Yves Japiot
Conseiller municipal UMP de Dijon
Suis-je là pour vous étonner ? Et si, pour une fois, j’innovais ?
En effet, je pourrais tirer un bilan de votre action. D’année en année depuis presque 7 ans, je l’ai fait au nom de mes collègues à l’occasion de ces débats budgétaires annuels.
Et pourtant, je voudrais d’abord souligner le travail de votre opposition pendant ces 7 ans. Nous avons tenu à nous exprimer dans des conditions ingrates au nom de la moitié des Dijonnais qui nous font confiance.
Vous nous avez souvent méprisés, parfois entendus, tour à tour maltraités, injuriés, gratifiés selon votre humeur et l’air du temps fréquemment dépendant des échéances électorales.
Nous avons fait valoir notre point de vue sur tous les grands et petits dossiers qui concernaient l’avenir ou la vie quotidienne des Dijonnais. Nous avons pris position sans haine, avec fermeté et le souci d’une réelle ouverture d’esprit qui caractérise des élus désireux de faire prévaloir l’intérêt général sur les priorités partisanes.
Nous vous avons alerté ou encouragé selon ce que nous estimions devoir dire, en conscience.
Forts de la diversité de nos sensibilités, nous nous sommes fait le porte-parole des principaux décideurs de la cité comme des plus humbles de ses habitants sans sectarisme et en toute indépendance.
Nous avons salué et accompagné vos décisions en faveur des grandes opérations d’urbanisme, parfois initiées par votre prédécesseur, comme le quartier Junot, les réhabilitations des Grésilles et la caserne Heudelet, la rénovation et l’agrandissement du musée des Beaux-Arts.
Nous avons critiqué la réalisation à la hussarde, sans concertation préalable, des couloirs de bus, la refonte du réseau Divia de transports urbains dans sa configuration actuelle, l’insuffisance de places de parking dans le nouveau stade Gaston Gérard, le choix de Porte Neuve comme site de la future gare sur la branche ouest du TGV Rhin-Rhône, le maintien du squatt aux Tanneries, un nouveau dispositif de vidéosuveillance incomplet, une lutte insuffisante contre les entorses au code de la route de la part des cyclistes.
Nous avons regretté vos médiocres résultats quand il s’est agi de faire reculer l’insécurité aussi bien en centre ville que dans les quartiers périphériques.
Nous avons constaté enfin que la démocratie dite participative a peu progressé sous votre mandat, contrairement à ce que vous affirmez. Notre liberté d’expression a été souvent bafouée par des censures, des refus opposés à nos demandes de prise de parole, une représentation au Grand Dijon retirée.
Pour résumer, vous vous êtes peu soucié des préoccupations de nos concitoyens telles que nous les avons relayées. Les Marianne décernées généreusement ces derniers temps doivent regretter qu’ici à l’hôtel de ville, leur bonnet phrygien enfoncé jusqu’aux oreilles par vos soins les empêche de voir et entendre les réactions des Dijonnais.
Sachez-le, et nous prenons à témoin tous les Dijonnais, les droits de l’opposition restent à inventer.
Revenons à présent à notre débat budgétaire.
Depuis 2002, après une année d’observation, ce qui est normal pour que l’on vous laisse faire vos preuves, j’attire votre attention sur les dérives des finances de la ville avec son cortège de hausses d’impôts pour essayer de limiter le recours à l’emprunt, en vain.
Le rapport de la Chambre Régionale des Comptes est de ce point de vue accablant. J’en rappelle les principales conclusions publiées en septembre dernier :
- la dette colossale d’aujourd’hui, de 15% supérieure à celle que vous avez trouvée en 2001, ne commencera à baisser qu’en 2019, dans 12 ans (encore deux mandats de maire à la subir),
- la commune ne dégagera pas avant longtemps de nouvelles possibilités d’endettement,
- si on se compare aux autres grandes villes en compétition avec nous, nous aurons deux fois plus de difficultés qu’elles à alléger notre fardeau de la dette,
- les taux des taxes ont augmenté de 8% en 6 ans (voir débat d’orientation budgétaire) malgré vos engagements électoraux pris en 2001 devant les Dijonnais
Vous avez dépensé sans compter, investi dans un contexte de vive tension sur les prix de la construction et des travaux publics avec trop souvent des dépassements substantiels des marchés négociés au démarrage des chantiers.
Le budget que vous nous soumettez aujourd’hui, le dernier de votre mandature, souligne, parfois à l’excès, tous les dangers de votre gestion aventureuse et vos contradictions.
Page 3 de votre rapport de présentation, au sujet des charges de personnel, vous indiquez que « pour contenir la masse salariale, il est proposé d’agir sur les remplacements d’agents admis à la retraite, ainsi que sur le nombre de postes créés ». Que voulez-vous insinuer ? Avez-vous l’intention de réduire les effectifs ? Mais alors, pourquoi avoir titularisé 730 salariés ?
Page 5, on remarque une augmentation des charges financières de 10% pour anticiper une hausse des taux des emprunts. Nous y voilà .
La Chambre Régionale des Comptes avait bien noté les risques encourus avec une dette négociée à taux fixe pour 17% seulement de celle-ci. Nous étions à la merci des conséquences néfastes d’une remontée des taux pour les 83% restants. Nous commençons à nous en rendre compte aujourd’hui.
Lorsque vous abordez le chapitre des impôts, le malaise est encore plus perceptible que les autres années.
Pour préserver « l’équilibre du budget », dites-vous, alors qu’il n’y a plus d’équilibre lorsqu’on emprunte des sommes aussi phénoménales que 235 M€, vous préparez les Dijonnais à une hausse significative des taux des 3 taxes locales, supérieure sans doute à ce que l’on a supporté jusqu’alors et qui sera connue comme par hasard le lendemain des élections de mars.
En section d’investissement, on constate une très forte augmentation des travaux en cours de 24% à 40 M€ ce qui laisse entrevoir des fins de mois difficiles tout au long de l’année 2008.
Pourquoi n’avez-vous pas adapté le rythme des réalisations des équipements et autres réhabilitations aux capacités financières de la commune et surtout des charges que peuvent supporter les Dijonnais ?
Vous vous glorifiez, au chapitre de la dette, d’une nouvelle baisse de l’annuité en capital de l’emprunt.
Mais personne n’est dupe, même pas vous. Vous retardez les échéances sciemment et faites subir aux Dijonnais un endettement qu’ils vont mettre des décennies à rembourser. Par là même, vous empêchez toute baisse des taux de leurs impôts à court et moyen terme et retirez, ce qui est au moins aussi grave, toute possibilité de nouveaux investissements significatifs pour entretenir le patrimoine communal et construire de nouveaux équipements sociaux tels que crèches et établissements pour personnes âgées par exemple.
Vous laissez à vos successeurs et en particulier à celui qui pourrait vous remplacer en mars 2008 une ardoise qui va être bien lourde à porter.
Il est évident que l’alternance possible dans 3 mois induira nécessairement un bouleversement complet des priorités.
Voici comment je vois la mise en œuvre d’une nouvelle politique pour la ville dans les 6 ans qui viennent avec l’espoir d’en être l’initiateur.
D’abord, remettre nos finances à l’endroit. Le laisser faire, laisser aller n’est plus possible.
Un audit général des comptes et des services rendus à la population sera lancé aussitôt après l’élection. Toutes les décisions qui en découleront avec des économies à réaliser partout où il le faudra, seront prises dans le courant de l’année. Le personnel de la ville y sera directement associé.
Le recours à des financements externes, par la voie du mécénat par exemple, sera systématiquement recherché, les investissements non indispensables seront différés ou annulés, d’autres à l’inverse surtout dans le domaine des équipements sociaux seront accélérés.
Ensuite, il conviendra de restaurer la confiance des Dijonnais qui trop souvent ne se sentent pas en sécurité. Les moyens en homme, matériel et locaux seront redéployés sur tout le territoire de Dijon et de l’agglomération pour y parvenir.
Les foyers d’insécurité que constituent les squatts seront résorbés par le dialogue mais aussi par l’application de la loi.
Dans les domaines du développement durable et pour mettre en œuvre les conclusions du Grenelle de l’environnement, il y a beaucoup à faire pour maîtriser l’énergie dans les bâtiments publics, concevoir un nouvel urbanisme qui rompe avec l’étalement et privilégie une trame verte de la ville et la création d’éco-quartiers à la faveur des réhabilitations urbaines à venir, instituer un véritable « code de la rue » respecté par les cyclistes et les piétons, éduquer et sensibiliser encore davantage nos concitoyens à l’écologie et au développement durable.
Il faudra également répondre au mécontentement des Dijonnais face aux tracas de la circulation trop souvent embouteillée à plusieurs endroits névralgiques de la ville et à des conditions d’utilisation des transports publics qui dans l’ensemble ne sont pas satisfaisantes.
Enfin, nous devrons lancer d’importantes initiatives pour renforcer le rayonnement international de notre grande métropole bourguignonne afin d’accroître nos chances d’y développer l’emploi et assurer l’épanouissement de toutes les formes de culture qui font d’une ville un tissu vivant, régénéré.
Telles doivent être à mes yeux nos grandes ambitions pour les années qui viennent, avec à la tête de la ville une équipe nouvelle, enthousiaste, à l’écoute de tous les Dijonnais sans sectarisme, fière de notre passé et lancée à la découverte de vastes horizons.
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BONNE ANNEE A TOUS